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Nouveaux animaux de compagnie : ce que dit la législation en 2024

Par Maxime
6 minutes

Posséder un animal exotique en 2024 : droits, limites et précautions


De plus en plus de Français s'intéressent aux nouveaux animaux de compagnie (NAC) : furets, reptiles, rongeurs rares, araignées ou oiseaux exotiques. Mais si ces compagnons suscitent fascination, ils posent aussi de vraies questions de légalité, de sécurité et de protection animale. En 2024, la législation continue d'évoluer pour mieux encadrer la détention, l'achat et la circulation de ces espèces. Quels sont les animaux autorisés ? Que risque-t-on en cas d'infraction ? Et comment s'inscrire dans une démarche responsable et légale ?


Comprendre la notion de NAC : de la perruche au serpent


Le terme « nouveau animal de compagnie » regroupe en réalité une grande diversité d'espèces : mammifères (furets, lapins, hérissons, écureuils, etc.), oiseaux (perruches, gris du Gabon…), reptiles (serpents, lézards, tortues), amphibiens, poissons tropicaux, mais aussi insectes ou arachnides.
Les chiens et chats, eux, n’entrent pas dans cette catégorie. La popularité de certains animaux peut évoluer vite : l’arrivée du gecko léopard ou du python royal dans les foyers français en est l’exemple type, tout comme la vogue pour les lapins nains ou les rats apprivoisés.


Ce qu’impose la loi française : réglementations en vigueur


Pour préserver à la fois la santé publique, la sécurité, le bien-être animal et la biodiversité, l’État français distingue parmi les NAC :


  • Les espèces librement détenues (liste fixée par arrêté ministériel).
  • Les espèces nécessitant une autorisation ou un certificat de capacité.
  • Les espèces strictement interdites à la détention.

La loi s’applique aussi bien à l'achat, l'élevage, la cession qu’à la simple possession d’un animal. Importer ou transporter un NAC est soumis à des formalités, tout comme la vente en animalerie ou entre particuliers.


La liste positive : qui peut être adopté sans formalités particulières ?


En 2024, la liste positive (voir arrêté du 11 août 2006 et ses mises à jour) recense les NAC que l’on peut acquérir sans autorisation. Cette liste s’allonge chaque année, mais reste très encadrée :


  • Lapins, cochons d’Inde, hamsters : pas de démarche spécifique, sous réserve du bien-être animal.
  • Certains reptiles non venimeux (python royal, gecko léopard, tortue de terre sous conditions), oiseaux courant (perruche ondulée, canari, calopsitte).
  • Poissons d’aquarium, insectes non dangereux ; attention : certaines espèces comme le poisson rouge ont aussi leur réglementation, en particulier sur les conditions de vie.

Il reste indispensable de se renseigner avant toute acquisition, chaque espèce pouvant avoir des restrictions (âge de détention, volume minimal d’enclos, etc.).


Certificat de capacité : pour quelles espèces ou situations ?


Pour des espèces plus sensibles ou potentiellement dangereuses (mammifères carnivores sauvages, gros reptiles, amphibiens venimeux, rapaces, primates), la loi impose l’obtention d’un certificat de capacité délivré par la préfecture. Cette démarche garantit que le propriétaire a les connaissances et installations nécessaires pour assurer le bien-être et la sécurité.


  • Le dossier doit prouver la formation du détenteur, ses équipements adaptés, et parfois l’absence de risques pour les tiers (voisinage, enfants…).
  • L’avis d’un vétérinaire ou d’un expert peut être sollicité.
  • Des contrôles de la DDPP sont possibles à tout moment.

Posséder un boa, une tortue alligator, un scorpion impérial ou un ouistiti nécessite donc une anticipation administrative rigoureuse.

Espèces interdites : dangers, risques écologiques et sanctions


Pour des raisons éthiques, sanitaires ou de préservation des espèces, certaines familles d’animaux sont totalement interdites à la détention par les particuliers depuis 2020 (liste actualisée chaque année) :


  • Grands félins (lions, tigres, etc.).
  • Cetacés, primates de grande taille, la plupart des singes.
  • Reptiles venimeux, certaines tortues et amphibiens exotiques menacés.
  • Espèces classées CITES (Convention de Washington) sans justificatif ou permis spécifique.

La détention illégale expose à des amendes allant jusqu’à 150 000 € et deux ans d’emprisonnement, retrait de l’animal, voire confiscation du matériel (terrarium, volière, etc.).


Ce qui change en 2024 : points clés de la nouvelle législation


L'année 2024 marque un nouveau tournant :


  • Entrée en vigueur de la Loi sur la maltraitance animale 2021/2022 : désormais, tout achat d’un NAC « hors chien/chat » (en animalerie ou élevage) impose au futur propriétaire de signer un « certificat d’engagement et de connaissances », mentionnant ses responsabilités (logement, soins vétérinaires, durée de vie, besoins spécifiques…).
  • Limitation de la vente de NAC sur internet : les plateformes et petites annonces sont contrôlées. La cession entre particuliers doit signaler l’identité, la traçabilité et garantir le respect du bien-être animal.
  • Lutte contre le trafic illégal : intensification des contrôles aux frontières et sur les marchés « exotiques », renforçant la coopération avec Interpol et les vétérinaires nationaux.
  • Renforcement de la réglementation des animaleries : obligation de personnel formé, adaptation des habitats, transparence sur l'origine des animaux.

La sensibilisation à la biodiversité figure aussi dans les programmes scolaires, pour alerter sur la fragilité de certaines espèces aujourd’hui « à la mode ».


Responsabilité du propriétaire : éthique, sécurité et bien-être


Détenir un NAC est un engagement fort : chaque animal, du hamster russe au python, impose des exigences spécifiques, tant pour son logement que son alimentation ou bien-être psychologique.

  • Alimentation : Certains reptiles ou amphibiens réclament une nourriture vivante ; les erreurs de régime sont fréquentes.
  • Terrarium et climats : La gestion de la température, de l’humidité et de la lumière peut s’avérer complexe.
  • Santé et accès vétérinaire spécialisé : Les soins exigent souvent un vétérinaire « NAC », qui n’est pas disponible partout.
  • Risques sanitaires et environnementaux : Le relâcher, même involontaire, d’animaux exotiques fragilise la faune autochtone et peut véhiculer maladies ou parasites.

« Nous avons enquêté auprès d’un vétérinaire spécialiste NAC : 35% des animaux abandonnés après quelques mois le sont faute d’informations légales, ou à cause de difficultés d’entretien inattendues. Un rat domestique peut vivre jusqu’à 3 ans, tandis qu’un serpent dépasse 15 ans !»

Bonnes pratiques : démarches, conseils et ressources pour une adoption responsable


  • S'informer auprès de sources fiables : Les sites publics (Anses, ministère de l’Agriculture), les fédérations spécialisées et toutpourlesanimaux.fr mettent à disposition des guides pratiques et des tableaux de compatibilité par espèce.
  • Demander conseil à un vétérinaire NAC : Vérifier la provenance de l’animal, ses besoins précis, le budget de soin, et la disponibilité locale de professionnels compétents.
  • Visiter l’éleveur ou l’animalerie : Prendre le temps de vérifier les conditions de vie (notamment pour reptiles, oiseaux et mammifères exotiques).
  • Prévoir une phase d’adaptation : Certains reptiles ou rongeurs sont très sensibles au stress du déménagement. Aménager le lieu de vie et garder un contact discret les premières semaines.
  • Demander le certificat de cession ou à défaut le certificat d’engagement : absolument indispensable face à la loi en cas de contrôle.
  • Déclarer l’animal à la préfecture (dès que concerné), ou en mairie, selon les préfectures (notamment pour les espèces réglementées).

Retour d’expériences et témoignages de la communauté


« Mon fils rêvait d’un caméléon. Nous avons d’abord rencontré un éleveur, puis un vétérinaire. Nous avons découvert le coût des lampes UV et le certificat obligatoire. Aujourd’hui, notre caméléon va bien, mais nous n’imaginions pas la complexité ! » – Élodie, 41 ans, Pessac.

« Je n’ai pas vérifié la légalité avant d’acheter ma tortue. En la montrant au vétérinaire, j’ai compris qu’elle était protégée et que je risquais une forte amende. J’ai dû me mettre en règle, et j’ai contacté la DDPP. Mieux vaut toujours anticiper ! » – Lucas, 29 ans, Troyes.

Innovation, tendances et perspectives pour les NAC en France


  • Arrivée de nouvelles espèces sur la « liste positive » (insectes d’ornement, petits mammifères africains) et de nouvelles interdictions face aux risques écologiques (perruche à collier, tortue de Floride…).
  • Montée en puissance des refuges et associations de protection des NAC : de plus en plus d’animaux exotiques à adopter suite à des abandons.
  • Débat public sur l’encadrement futur de la vente en ligne, et expérimentation de puces d’identification électroniques pour certains reptiles et oiseaux.
  • Développement d’outils numériques pour l’enregistrement sécurisé des NAC (identification Blockchain, carnets sanitaires connectés).

Pour aller plus loin : ressources utiles et entraide


  • Dossier complet et listes mises à jour sur toutpourlesanimaux.fr rubrique Guides pratiques et Comparatifs.
  • Tableau interactif des espèces autorisées ou interdites, téléchargeable en PDF ; tutoriels « première adoption NAC », check-lists légales.
  • Forum communautaire : partagez vos expériences, obtenez des réponses de vétérinaires référents ou d’éleveurs déclarés.
  • Fiches pédagogiques « Que faire en cas de saisie, contrôle ou suspicion de trafic ? » (avec contacts DDPP et associations partenaires).

L’adoption d’un nouveau animal de compagnie ne se limite pas à un caprice ou à une mode. Elle engage chacun à respecter la loi, protéger l’espèce, et garantir une vie digne à l’animal. Bien s’informer et anticiper, c’est le premier pas vers une cohabitation harmonieuse, responsable et durable.

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