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Plan gouvernemental anti-abandon : quelles nouveautés en discussion ?

Par Maxime
5 minutes

Un nouveau cap pour la lutte contre les abandons d’animaux en France ?


Cet été, le sujet de l’abandon animalier revient à la une, avec un constat inchangé : la France reste un triste leader européen de l’abandon, notamment de chiens et de chats. Mais 2024 pourrait marquer un tournant : un nouveau plan gouvernemental anti-abandon est à l’étude, avec des mesures inédites en discussions à l’Assemblée et au sein du secteur associatif. À quoi faut-il s’attendre ? Etat des lieux, premières annonces et attentes concrètes des défenseurs des animaux.


Pourquoi la France fait-elle face à une telle crise de l’abandon ?


Chaque été, le cycle se répète : sur les plages, dans les refuges ou sur le bord des routes, des milliers d’animaux domestiques sont abandonnés par leurs propriétaires. En 2023, les associations estiment près de 100 000 abandons, dont deux tiers lors de la période estivale. Les causes sont multiples :


  • Adoptions impulsives : trop souvent, des animaux sont acquis sur un coup de tête, sans anticipation des responsabilités à long terme.
  • Manque d’informations sur les besoins réels de chaque espèce : certains maîtres sous-estiment les contraintes de santé, d’éducation ou de budget.
  • Évolutions de la vie (déménagement, séparation, difficulté financière) pour lesquelles la priorité n’est plus l’animal.
  • Absence de solutions de garde ou refus des animaux dans certains logements.

Cet enjeu n’est plus seulement moral : il devient un problème de société, touchant aux politiques publiques, à la sensibilisation mais aussi à la capacité des refuges, plus que jamais saturés.


Quelles mesures présentées dans le nouveau plan anti-abandon ?


Le Conseil National de la Protection Animale (CNPA), en lien avec divers ministères (Agriculture, Transition écologique, Intérieur), travaille sur un plan pluriannuel articulé autour de plusieurs axes. Parmi les mesures discutées :


  • Renforcement des conditions d’adoption : élargissement de la période de réflexion obligatoire, formation ou entretien préalable avec les adoptants, et responsabilisation accrue des anciens propriétaires.
  • Lutte contre la vente impulsive en ligne : contrôle systématique des annonces, obligation de mentionner numéro d’identification, vaccination et information sur les besoins spécifiques de l’animal.
  • Aide financière ponctuelle pour les propriétaires en difficulté, notamment pour les animaux âgés ou nécessitant des soins vétérinaires lourds.
  • Développement des solutions de garde : incitation à la création de réseaux locaux (familles d’accueil, pet-sitters solidaires, pensions solidaires), surtout en zones rurales et en période estivale.
  • Sanctions pénales revues à la hausse pour les abandons avérés, avec contrôles accrus (vidéosurveillance des axes sensibles, renforcement du travail des polices municipales et vétérinaires assermentés).
  • Campagnes nationales d’information coordonnées entre État, collectivités et associations pour rappeler la législation et diffuser les bonnes pratiques.

Des annonces concrètes sont attendues d’ici l’automne 2024, avec des expérimentations dans plusieurs départements pilotes dès cet été.


Vers un “contrat responsable” lors de l’adoption ?


Parmi les nouveautés qui font débat, le projet d’introduire un “contrat d’engagement responsable” figure en bonne place dans les discussions. Ce document obligatoire marquerait l’entrée dans la vie de l’animal : il comporterait la liste des engagements et devoirs du maître (soins, alimentation, prévention vétérinaire, assurance responsabilité voire obligation de stérilisation selon la race/espèce).


Objectif : rendre l’acte d’adoption moins anodin, et offrir un levier juridique pour poursuivre ou sanctionner les abandons manifestement anticipés d’emblée.


Des associations comme la SPA y voient une avancée majeure, mais insistent sur la nécessité d’un vrai suivi après l’adoption pour éviter l’effet "papier sans réalité".


Quelles responsabilisations des vendeurs en animalerie et entre particuliers ?


Face à la multiplication de la vente via sites d’annonces, un principal verrou envisagé : interdire (ou au minimum encadrer très strictement) la cession d’animaux par petites annonces, sauf certificats d’origine vérifiés et identification obligatoire. Les animaleries pourraient, elles, se voir imposer des obligations d'information renforcées :


  • Vérification systématique des identités et situation des acheteurs
  • Transmission d’un “kit premier animal” (information, carnet santé, liste de vétérinaires et assurance adaptée)
  • Possibilité d’un droit de retour encadré pour situations grave et imprévue (maladie, décès du maître)

La profession défend également l’idée d’un “ticket de formation” – une courte formation obligatoire accessible en ligne ou à la mairie, avant l’adoption d’un chien, chat ou NAC.


Zoom : le maillon oubliée des campagnes nationales d’information


Si la législation française est déjà l’une des plus sévères d’Europe sur le papier (deux ans de prison et 30 000 € d’amende), les infractions sont rarement poursuivies et la sensibilisation reste lacunaire. Pour la première fois, le gouvernement souhaite impliquer l’ensemble des acteurs : vétérinaires, éducateurs, enseignes d’animalerie, établissements scolaires, transporteurs.


  • Ouverture de mini-modules “responsabilité animale” dans les écoles élémentaires et collèges
  • Affichage obligatoire dans les gares, parkings d’aires d’autoroutes et lieux de vacances majeurs
  • Spot radio-TV chaque été rappelant la gravité de l’abandon

« L’objectif, c’est de sortir du simple slogan, pour rappeler à chacun que l’adoption implique une responsabilité sur la durée de vie de l’animal, soit 10 à 20 ans en moyenne. », résume un responsable du CNPA.


Les attentes de la communauté engagée contre l’abandon


  • Des moyens réels pour les refuges : revalorisation des subventions publiques et aides d’urgence, embauche de bénévoles, financement de campagnes de stérilisation massives.
  • Un suivi post-adoption : envoi d’emails de rappel, visites ponctuelles ou questionnaires dans les 12 mois suivant l’adoption pour détecter rapidement tout risque d’abandon.
  • Des sanctions appliquées : expression nette du secteur associatif : “il faut des condamnations effectives, pas symboliques, pour casser l’impunité.”
  • La création de réseaux solidaires : les familles d’accueil ou relais de garde d’urgence sont plébiscités, notamment pour les maîtres âgés ou isolés.

Témoignages : sur le terrain, un casse-tête récurrent


« Avec 85 chiens et 120 chats à l’année, notre refuge est à la limite de la rupture chaque été. Sans familles d’accueil volontaires, nous ne pourrions tout simplement pas gérer. Ce que nous attendons du plan ? Des moyens, du concret, pas une campagne de pub de plus. » – Béatrice, responsable de refuge en Loire-Atlantique

« Quand un maître appelle en urgence pour abandonner, c’est déjà trop tard. Nous plaidons pour que la solution d’aide financière ou de conseil soit accessible plus tôt : ateliers, permanences, médiateurs sociaux pour enrayer le découragement avant l’acte d’abandon. » – Dr P. Thiel, vétérinaire engagé

  • Retrouvez davantage de témoignages d’acteurs de terrain dans la rubrique Communauté de toutpourlesanimaux.fr.

Guide pratique : comment anticiper et éviter l’abandon ?


  1. Bien s’informer avant l’adoption : consultez guides et dossiers complets (soins, alimentation, coût annuel, vacances, solutions de garde, santé vétérinaire).
  2. Préparer chaque étape du quotidien : logement, mobilité, sécurité, organisation de la garde (famille, amis, communautés solidaires, professionnels évalués).
  3. Faire stériliser son animal, surtout pour les chats, afin de limiter naissances non désirées et abandons secondaires.
  4. Tenir à jour l’identification et les vaccins, pour faciliter la réintégration en cas de perte.
  5. Solliciter conseil et aide : associations locales, vétérinaires, mairies ou forums spécialisés (notre rubrique Astuces foisonne de solutions concrètes !).

Bilan : un plan à la hauteur de l’urgence ?


Si la dynamique gouvernementale est saluée pour sa volonté d’innovation et d’implication large, la réussite dépendra de la rapidité de mise en œuvre, du niveau des moyens alloués et de la capacité à enrayer non seulement l’abandon, mais aussi ses causes structurelles (adoptions impulsives, manque de prévention, difficultés d’accès aux soins ou à la garde temporaire).


La France pourra-t-elle baisser le curseur de l’abandon dans les prochaines années ? La mobilisation doit dépasser les seuls organismes spécialisés : chaque propriétaire, chaque acteur local peut être partie prenante.


Pour en savoir plus, suivez l’actualité sur toutpourlesanimaux.fr : retours d’expérience, comparatifs de solutions de garde, guides pratiques pour adopter responsable et débats en direct autour du nouveau plan anti-abandon.

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