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Décrypter les étiquettes de nourriture animale : ce qu’il faut regarder

Par Maxime
6 minutes

Bien lire pour mieux choisir : comprendre les ingrédients des aliments pour animaux


Que vous soyez l'heureux propriétaire d'un chien joueur, d'un chat exigeant ou encore d'un lapin curieux, l'alimentation est au cœur du bien-être de votre compagnon ! Face à la multitude de croquettes, pâtées, extrudés et compléments proposés sur le marché, une question simple se pose : sait-on vraiment ce que contiennent les aliments de nos animaux ? Apprendre à décrypter les étiquettes est essentiel pour garantir à son animal une alimentation adaptée, saine et transparente.


Regarder au-delà de la marque : pourquoi lire l’étiquette ?


Le packaging met souvent en avant des arguments marketing : « riche en viande », « 100 % naturel », « sans céréales », « complet et équilibré »… Mais le diable se cache dans les détails, et la composition réelle peut différer du beau discours commercial. Savoir lire une étiquette, c'est :


  • Vérifier la qualité et la nature des ingrédients
  • S’assurer de l’apport adéquat en protéines, graisses, fibres et minéraux
  • Détecter la présence éventuelle d’additifs, de colorants ou d’allergènes
  • Adapter le choix alimentaire à la physiologie et aux besoins de son animal (âge, activité, pathologies…)

Un coup d’œil formé sur l’étiquette, c’est aussi un pas de plus vers une consommation plus responsable : moins de gaspillage, de meilleures performances nutritionnelles et un impact réduit sur l’environnement.


Décrypter la liste des ingrédients : l’ordre est primordial


En France et dans l’Union européenne, la réglementation impose que les ingrédients figurent dans l’ordre décroissant de leur poids au moment de la fabrication. Ainsi, le premier ingrédient cité est celui qui est présent en plus grande quantité.


  • Viande fraîche ou déshydratée ? Préférez une liste où la protéine animale (poulet, saumon, bœuf, agneau…) arrive en premier, idéalement sous forme de « viande » ou « poisson » plutôt que de « sous-produits ».
  • Sous-produits animaux : Cette dénomination recouvre des parties moins nobles : abats, cous, plumes, sabots… Dans les bonnes recettes, certains abats (cœur, foie) sont de qualité, mais des sous-produits non précisés peuvent aussi désigner des déchets d’abattage peu digestibles.
  • Céréales, amidons, légumes : Si elles figurent en tête de liste, l’aliment peut être moins adapté aux carnivores comme le chat. Le chien, omnivore, tolère mieux une part de céréales ou de légumineuses, mais la qualité du grain importe ; le riz et l’avoine sont mieux assimilés que le blé ou le maïs.
  • Huiles, graisses et agents de structure : Vérifiez la source : « huile de saumon », « huile de volaille » ou « graisse de poulet » sont à préférer à de vagues « graisses animales ».

Une étiquette transparente mentionne clairement la provenance des matières premières : « poulet déshydraté 30 % », « riz 20 % », etc. Méfiez-vous des formulations « avec » ou « arôme » qui peuvent désigner une fraction minime.


Analyser les constituants analytiques : comprendre les taux


Le tableau des constituants analytiques donne, en pourcentage, la teneur en protéines brutes, matières grasses brutes, cellulose brute (fibres), cendres brutes (minéraux) et parfois humidité.


  • Protéines : Un minimum de 28 % pour les chats adultes, 22 à 25 % pour les chiens. Pour les chiots et chatons, ou les animaux sportifs, privilégiez des teneurs plus élevées.
  • Matières grasses : Un taux trop faible signifie un aliment plus « allégé », adapté aux animaux sédentaires ou en surpoids. Un excès de lipides convient aux jeunes en croissance ou très actifs, mais peut favoriser l’obésité chez les casanier·ère·s.
  • Cellulose brute (fibres): Nécessaires pour la digestion, surtout chez les lapins et rongeurs herbivores, un excès chez le chat ou le chien peut toutefois limiter l’assimilation des nutriments.
  • Cendres brutes : Un taux supérieur à 8-9 % peut indiquer une surdose de minéraux (phosphore, calcium), peu souhaitable pour les reins.

La comparaison doit toujours se faire à humidité équivalente (en général, les croquettes contiennent 8-10 % d’eau, les pâtées 70-80 %). Pour comparer deux formules, il est pertinent de « ramener » les taux à matière sèche.


Mise au point sur les additifs : naturels ou chimiques ?


Les additifs regroupent vitamines, conservateurs, colorants, arômes et agents de texture. Certains sont indispensables pour la conservation ou l’équilibre (vitamine E, taurine chez le chat), d’autres sont purement cosmétiques :


  • Vitamines et oligo-éléments : Indispensables à la santé, leur ajout est obligatoire dans les aliments industriels.
  • Conservateurs : Acide ascorbique, tocophérols (vitamine E naturelle) ou antioxydants artificiels (BHA, BHT, propyl gallate). Préférez toujours les conservateurs naturels pour limiter les résidus chimiques.
  • Colorants : Surtout utilisés pour séduire l’humain, non l’animal. Ils sont inutiles, voire irritants pour certaines sensibilités.
  • Arômes : Peuvent parfois masquer une appétence douteuse liée à des matières premières de moins bonne qualité.

Pour les animaux allergiques ou fragiles, orientez-vous vers des aliments dits « mono-protéiques » ou sans additifs inutiles. L’absence d’arôme ou de colorant est un vrai plus.


Interpréter les allégations et labels : à prendre avec recul


  • « Sans céréales » : Pratique pour certains animaux intolérants ou sensibles, mais la substitution par des tubercules (pomme de terre, pois…) ne rime pas automatiquement avec digestibilité parfaite ou avec régime premium.
  • « Hypoallergénique » : Attention, ce terme n’a pas toujours de base réglementaire : il désigne en général une liste d’ingrédients réduite et une seule source de protéine afin de limiter le risque d’allergies.
  • « Viande fraîche » : Cela semble idéal, mais la cuisson la déshydrate fortement. En analyse, cela peut correspondre à un taux de protéines plus faible que pour des « viandes déshydratées » à quantité équivalente.
  • Labels de qualité (bio, label rouge) : Ils garantissent des normes de production et d’élevage, mais pas nécessairement une recette mieux équilibrée pour votre animal.

Zoom sur les aliments pour NAC : spécificités à connaître


Pour les lapins, cochons d’Inde, furets ou autres rongeurs, certains détails font la différence :


  • Lapins et cobayes : Privilégiez une base de foin de qualité, des extrudés riches en fibres (>18 %) et pauvres en céréales et sucres. Vérifiez la présence de vitamine C pour les cobayes.
  • Furets : Carnivores stricts, ils ont besoin d’un taux de protéines élevé (>35 %) et d’un minimum de glucides. Refusez les recettes majoritairement végétales.

Les compositions ultra-complexes ou les extrudés multicolores sont à éviter au profit de recettes sobres, à base d’ingrédients bruts et identifiés.


Cas pratiques : analyser deux étiquettes en direct


  • Étiquette A : « Maïs, sous-produits de volaille, graisse de bœuf, blé, hydrolysat de foie, pulpe de betterave, vitamines et minéraux, colorants. »
    • Ingrédient principal : céréale. La part de protéines animales est faible et de moindre qualité. Présence de colorants non nécessaires.
    • À n’utiliser qu’en dépannage ou pour animaux tolérants les céréales, sans problème de digestibilité.
  • Étiquette B : « Viande de poulet déshydratée (30 %), riz, graisse de volaille, pois, pulpe de chicorée, graines de lin, vitamines, antioxydants naturels. »
    • Priorité à la source protéique, céréale mieux tolérée, fibres prébiotiques, matières grasses de qualité reconnue.
    • À privilégier pour des animaux actifs ou sensibles, avec adaptation selon l'âge ou la condition.

Check-list rapide pour choisir un aliment adapté


  • Lisez toujours la composition réelle, pas seulement l’argument de la face avant.
  • Vérifiez la place des protéines animales et leur nature : évitez la surabondance de sous-produits mal définis.
  • Faites attention au taux de cendres et au taux de fibres (selon le gabarit et la physiologie de votre animal).
  • Fuyez les colorants, arômes artificiels et excipients non essentiels.
  • Pour les animaux fragiles : préférez les recettes courtes, une seule source de protéine, peu d’additifs.
  • Comparez les taux en matière sèche afin de comparer objectivement deux formules différentes (croquettes vs pâtée).

Questions fréquentes et idées reçues


  • « Un aliment cher est-il forcément de meilleure qualité ? »
    Non, certains produits premium investissent surtout dans le marketing. Relisez toujours la composition réelle ; de bonnes surprises existent chez certaines marques moins connues.
  • « Le sans-céréales est-il toujours le meilleur choix ? »
    Pas forcément ; tout dépend du profil de l’animal et de la recette globale. Un taux élevé de pommes de terre ou de pois ne rime pas toujours avec digestibilité parfaite.
  • « Les compléments maison sont-ils nécessaires ? »
    Uniquement en cas de ration ménagère ou sur recommandation vétérinaire. Les aliments industriels complets répondent en principe à tous les besoins.

Conclusion : s’outiller pour mieux nourrir son animal, chaque jour


Maîtriser la lecture des étiquettes alimentaires, c’est donner à ses animaux les chances de rester en forme tout au long de leur vie : moins d’allergies, de troubles digestifs ou d’excès inutiles. En adoptant cette vigilance, chacun peut choisir une alimentation adaptée, tout en gardant la main sur le budget et l’impact des achats. N’hésitez pas à consulter votre vétérinaire pour des ajustements personnalisés selon l’âge, la race ou l’état de santé de votre compagnon : une bonne étiquette est la première étape, le suivi et la cohérence dans le temps font le reste.


Pour aller plus loin sur la compréhension de l’alimentation, profitez de nos guides comparatifs, dossiers pratiques et avis détaillés de propriétaires sur www.toutpourlesanimaux.fr : pour prendre soin de vos amis à poils, plumes ou écailles, l’information, c’est la clé. À vos étiquettes !

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