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Dialogue avec un nutritionniste animalier : l’alimentation adaptée pour chiens, chats et NAC

Par Maxime
4 minutes

Dans les coulisses de l’alimentation animale : entretien avec un nutritionniste


Que mange réellement votre compagnon ? Derrière la gamelle du quotidien et les étiquettes parfois complexes, l’alimentation de nos chiens, chats et NAC (nouveaux animaux de compagnie) est rarement aussi simple qu’on le pense. Poids idéal, besoins protéiques, sensibilité digestive ou allergies : chaque animal a son profil, et les fausses certitudes abondent.


Pour aller au-delà des idées reçues et décrypter les enjeux d’une alimentation sur-mesure, toutpourlesanimaux.fr a rencontré Thomas Cazals, nutritionniste animalier diplômé, consultant pour plusieurs cliniques vétérinaires en France. Entretien exclusif : conseils concrets, warning sur les tendances, focus budget et astuces pour optimiser le repas de chaque animal, du chiot gourmand au lapin sélectif.


L’alimentation animale : un pilier sous-estimé du bien-être


"La nutrition est à la croisée du vétérinaire, de l’éducateur et parfois du comportementaliste, pose Thomas d’entrée. Toute la physiologie – croissance, santé de la peau, gestion du poids, immunité – dépend de ce que l’animal consomme quotidiennement."
Il insiste : "Il n’existe pas une alimentation idéale : il existe l’alimentation adaptée à chaque animal, chaque âge, chaque mode de vie." L’erreur la plus courante ? Généraliser à partir de témoignages lus en ligne ou d’expériences humaines : "Un chien n’est pas un petit humain, un lapin n’est pas un cobaye. Il faut individualiser au maximum."


Les bases scientifiques : des besoins nutritionnels très variables


Canidés : chiens, du chiot à l’adulte senior


"Le chien est un carnivore opportuniste, explique Thomas. Ses besoins énergétiques fluctuent selon la race, l’âge, la stérilisation et l’activité. Un chien de berger très actif n’a rien à voir avec un bouledogue sédentaire."
Les protéines animales de qualité arrivent en priorité, mais l’apport en glucides, fibres et bonnes graisses doit s’ajuster au cas par cas. "Attention aux régimes « zéro céréales » – ce n’est pas toujours pertinent, et certaines légumineuses mal dosées déséquilibrent la ration."
Du côté des modes (barf, ration ménagère, croquettes premium), Thomas conseille de toujours demander un avis professionnel et de faire évoluer la ration à l’intérieur d’une même marque : "La variabilité des besoins est aussi forte que chez les humains."


Chats : carnivores stricts, exigences précises


Le chat, lui, ne négocie pas : "C’est un carnivore absolu. Il lui faut de la taurine, une haute teneur en protéines animales et un taux de glucides très faible. "
Thomas souligne : "Beaucoup de croquettes génériques sont trop pauvres en protéines de qualité et trop riches en amidon (riz, maïs). Résultat : surpoids, troubles urinaires, poil terne."
Nourrir exclusivement au sec ? "C’est un vrai problème pour l’hydratation. Une ration mixte (pâtée/croquettes) ou au moins un apport d’eau avec la ration est essentiel."


NAC : diversité et fragilité


Cochons d’Inde, lapins, furets : chaque espèce possède ses propres besoins. "Le furet est un carnivore pur, le lapin un herbivore strict. Mélanger les régimes, donner ‘ce que le voisin conseille’ ou abuser des mélanges industriels est une source courante de maladies. "
Pour les NAC, l’enjeu numéro un reste la prévention : "L’insuffisance de fibres ou d’apports en vitamine C est la première cause de consultations évitables chez le lapin et le cochon d’Inde."


Paroles de pros : comment poser un diagnostic nutritionnel ?


Thomas déroule sa méthode :

  • Interroger le mode de vie : sortie, dépenses quotidiennes, tempérament, antécédents de santé.
  • Évaluer le poids, l’état d’embonpoint (score d’état corporel) et l’appétence.
  • Analyser la gamelle actuelle : composition, marque, grammage, habitudes de distribution (fréquence, activité autour de la prise alimentaire).
  • Rechercher des signes d’alerte : pelage terne, selles anormales, poil gras, démangeaisons, changement brutal d’appétit.
"Un diagnostic, c’est d’abord beaucoup d’observation : on adapte à l’animal et à la réalité du foyer."


Questions fréquentes des propriétaires : réponses du nutritionniste


  1. Les croquettes ‘premium’ sont-elles toutes recommandables ?
    Non : certains produits surfent sur la mention, mais la qualité varie énormément ; attention à la part réelle de protéines animales et à la liste d’additifs.
  2. Puis-je préparer moi-même les repas ?
    Possible, à condition d’être encadré et d’éviter les carences. Un rationnement maison équilibré demande des compléments, une balance précise et souvent l’accompagnement d’un vétérinaire nutritionniste.
  3. Mon chat ne boit presque pas, que faire ?
    Proposer de la pâtée, multiplier les points d’eau, tester la fontaine à eau, varier les gamelles : "Pour les chats, l’hydratation est structurante pour la santé rénale."
  4. J’ai plusieurs animaux : puis-je leur donner la même alimentation ?
    "Non : même entre chiens, les besoins diffèrent selon l’âge, l’état de santé, et encore plus entre espèces."

Focus budget : bien nourrir sans exploser ses dépenses


  • Privilégier une alimentation adaptée est un investissement sur la santé (moins de frais vétérinaires à terme).
  • Comparer les références selon leur composition réelle, pas uniquement selon le prix au kilo : "Des croquettes très concentrées se donnent en plus petite quantité, ce qui équilibre le budget."
  • Favoriser les achats groupés, surveiller les promotions de qualité, mais garder la composition comme critère numéro un.
  • Pour les NAC, éviter les emballages ‘trop attractifs’ au profit de mélanges simples (foin de très bonne qualité, végétaux de saison variés).

Checklist pratique : construire l’alimentation idéale


  • Vérifiez les étiquettes : premier ingrédient = protéine animale, taux de cendre, taux de glucides (<10% pour un chat).
  • Adaptez les quantités au quotidien : pesez de temps en temps, ajustez si variation d’activité ou d’âge.
  • Ne changez jamais brutalement d’aliment : faire une transition sur 7 à 10 jours.
  • Intégrez la notion de plaisir sans excès : friandises = max 10% de la ration, préférer la récompense « aliment santé » (légumes, croquettes spécifiques, herbe à chat…)
  • Misez sur la régularité des horaires et évitez le « grignotage » libre.

Allergies, intolérances et régimes particuliers : ce qu’il faut savoir


"En cas de suspicion d’allergie alimentaire, il faut une vraie enquête : éliminer toutes les sources (y compris les restes de table, friandises) et mettre en place un régime d’éviction avec suivi vétérinaire," rappelle Thomas. "Ce n’est pas parce qu’un aliment porte la mention ‘hypoallergénique’ qu’il convient à tous."
Pour les régimes végan ou végétariens, il est très clair : "Aucun consensus scientifique ne valide ces approches chez le chat, carnivore strict, ni chez le furet. Vigilance accrue et avis vétérinaire impératif chez le chien."


Gestion des âges de la vie et des cas particuliers


  • Jeune animal : croissance rapide, besoins énergétiques plus élevés, attention aux excès de minéraux (chiens de grande race en particulier).
  • Sénior : support digestif, articulation, diminution de l’appétit : "Des aliments plus digestes, supplémentés éventuellement en nutriments pour articulations ou antioxydants."
  • Femelle gestante ou allaitante : "Protéines et énergie à la hausse, mais jamais d’alimentation humaine brute, pour éviter la salmonellose ou les carences."

Adaptation aux pathologies : quand et pourquoi passer à une alimentation ‘spéciale’


"L’alimentation thérapeutique a un rôle majeur dans la gestion de nombreuses maladies chroniques : insuffisance rénale, calculs, diabète, allergies cutanées, etc. Ceux-ci ne se choisissent pas à la légère : prescription vétérinaire, adaptation régulière et suivi rapproché.
Essayer de reproduire une alimentation médicale ‘maison’ est souvent inefficace, voire dangereux."


Témoignages : propriétaires et pros racontent


  1. Sandra, maîtresse d’un chat Maine Coon :
    "Je me suis battue contre la diarrhée chronique. Après un bilan nutritionnel complet, la pâtée premium à base de poulet a transformé la santé et l’appétit de Vlad. "
  2. Fred, éleveur amateur de lapins nains :
    "Je pensais donner le bon mélange, mais Thomas m’a expliqué le rôle central du foin. Depuis, moins de problèmes dentaires et un pelage bien plus doux."
  3. Mathilde, vétérinaire :
    "J’inclus toujours un volet nutrition dans mes consultations. Les résultats sur le poil, le comportement et la gestion du surpoids sont spectaculaires dès qu’on personnalise la gamelle."

Questions à poser à votre nutritionniste ou vétérinaire


  • Quel est le besoin énergétique réel de mon animal ?
  • Comment savoir si son poids est idéal ?
  • L’aliment choisi est-il compatible avec son mode de vie et ses pathologies ?
  • Faut-il privilégier ration ménagère ou croquettes ?
  • Quels signes doivent alerter ?
  • Comment faire une transition alimentaire en douceur ?

Conclusion : nourrir malin, nourrir sur mesure


Choisir et ajuster l’alimentation de son chien, chat ou NAC, c’est favoriser leur longévité, leur énergie... et limiter les mauvaises surprises vétérinaires. Prendre conseil, comparer sans se précipiter, et observer son animal au quotidien sont les clés d’une alimentation adaptée et sans prise de tête.
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