Tendances

Le pet sharing : quand posséder un animal devient collaboratif

Par Maxime
6 minutes

Une nouvelle tendance : partager plutôt que posséder un animal


Dans un monde où la mobilité, le télétravail, et la recherche de flexibilité modifient en profondeur nos modes de vie, la relation aux animaux de compagnie évolue elle aussi. C'est dans ce contexte qu'émerge le "pet sharing", ce nouvel usage collaboratif qui permet de profiter de la présence d'un animal sans en assumer seul l'intégralité des contraintes. Pratique éthique ou solution d’avenir ? Tour d’horizon de ce phénomène qui questionne la notion même de possession animalière.


Pet sharing : de quoi parle-t-on exactement ?


Le pet sharing, ou "partage d'animal" en français, se décline en plusieurs formes. Il s'agit de mettre en commun la garde, l'affection, voire les frais liés à un animal (chien, chat, parfois NAC) entre plusieurs foyers ou individus n'appartenant pas au même cercle familial. Exit la garde classique pendant les vacances : ici, la co-responsabilité de l’animal peut s'étendre à l'année entière ou fonctionner par périodes selon les disponibilités des "co-propriétaires".


  • Le partage entre voisins ou amis : Deux ménages s’accordent sur des créneaux de garde d’un même animal, paient ensemble la nourriture ou les soins, et bénéficient alternativement de sa présence.
  • Des plateformes dédiées : Sur le modèle des applications collaboratives, des sites mettent en relation des personnes souhaitant accueillir ponctuellement ou régulièrement un animal, et des propriétaires cherchant à déléguer ou mutualiser la garde.
  • Des formules urbaines innovantes : Dans certaines grandes villes, des associations ou collectifs proposent d’adopter un animal "à plusieurs", le chien passant d’un foyer à l’autre selon un calendrier défini.

Pourquoi le pet sharing suscite-t-il l’intérêt ?


Les changements sociétaux expliquent largement ce succès grandissant. Selon une enquête IPSOS de 2023, 32% des 18-35 ans hésitent à adopter un animal en raison de contraintes pratiques : horaires, voyages professionnels, logements temporaires, ou peur de l’engagement sur 10 à 15 ans. Pourtant, le besoin de lien animalier, de bien-être et de chaleur affective reste fort. 


  • Souplesse pour les emplois du temps changeants : le pet sharing permet de s’adapter à la vie moderne et de repartir l’investissement personnel.
  • Socialisation & communauté : partager un animal, c’est aussi créer du lien entre familles, voisins, colocataires ou collègues.
  • Un tremplin vers l’adoption responsable : pour beaucoup, tester le pet sharing offre une "période d’essai" avant l’adoption classique.

Pour les animaux, cela multiplie aussi les opportunités de sociabilisation et d’attention : moins de solitude, plus de promenades, et des stimulations variées.


Comment fonctionne le pet sharing dans la pratique ?


  • La co-responsabilité : chaque famille ou personne doit pouvoir offrir un environnement sécurisé et participer aux soins essentiels (alimentation, vétérinaire, sorties). Un accord écrit ou une charte est souvent recommandée pour clarifier les responsabilités.
  • La coordination des emplois du temps : un calendrier partagé (application, agenda en ligne) garantit la fluidité du passage d’un foyer à l’autre.
  • La communication constante : membres du "collectif" se mettent d’accord sur les règles éducatives (repas, balades, ordres, interdits) pour garantir la stabilité de l’animal.
  • Les dépenses mutualisées : croquettes, accessoires, factures vétérinaires peuvent être divisés équitablement ou selon l’utilisation de chacun.

Des plateformes comme SharePet, Animal Coloc ou Emprunte Mon Toutou facilitent ces mises en relation et proposent parfois des règlements standard, une assurance incluse et des conseils vétérinaires pour chaque étape.


Quels animaux sont éligibles au pet sharing ?


En théorie, tous types d’animaux peuvent être concernés. En pratique, le partage concerne surtout les chiens et, plus marginalement, les chats au tempérament sociable. Les NAC (lapins, cochons d’Inde, furets) participent rarement à ces formules, leur attachement territorial et leur besoin de stabilité étant plus marqués. 


  • Chien actif : la formule est idéale pour les races qui réclament plusieurs promenades et beaucoup d’attention.
  • Chat sociable ou chaton
  • Chiens seniors, souvent moins sollicités au quotidien et bénéficient d’une affection partagée.

Des retours d’expérience inspirants


"Nous nous sommes lancés il y a deux ans avec nos voisins. Chacun prend Fidji, labrador adorable, une semaine sur deux. Plus de routine, elle a deux jardins, et si l’un de nous part en vacances, l’autre prend le relais. Cela a transformé nos relations et simplifié notre organisation parentale" — Sophie, Lyon

"Grâce à une appli, je promène régulièrement le chien d’un couple de retraités le week-end. Mes enfants en profitent, et cela m’a permis de me rassurer avant d’adopter nous-mêmes un animal." — Laura, Paris

Au sein de la communauté toutpourlesanimaux.fr, les retours font état aussi d’une montée en compétence (découverte du dressage, gestion du rythme de vie animalier) et parfois de véritables amitiés humaines nées autour de l’animal partagé.


Quels sont les avantages pour l’animal ?


Contrairement aux idées reçues, la multiplication des foyers ne déstabilise pas nécessairement l’animal, surtout s’il est bien socialisé dès le plus jeune âge et que les repères de base restent constants (jouets, gamelles, routines de promenades). Les principaux bénéfices :


  • Plus de compagnie : moins d’heures passées seul à la maison.
  • Stimulation accrue : diversité des balades, interactions différentes selon les foyers.
  • Moins de stress lors des séparations type vacances : l’animal aura toujours un lieu de repli connu.

Quelles limites ou interrogations soulève le modèle ?


Toutefois, le pet sharing réclame une coordination responsable et quelques garde-fous :


  • Stabilité émotionnelle de l’animal : certains chiens ou chats très anxieux ou marqués par l’abandon peuvent mal vivre les multiples transferts.
  • Éducation cohérente : attention à éviter les injonctions contradictoires sur l’alimentation, les règles de la maison ou l’autorisation de monter sur les meubles par exemple.
  • Gestion des frais imprévus : l’apparition d’un problème de santé ou d’une urgence vétérinaire doit être anticipée par une convention écrite claire.
  • Risque de conflit humain : différends sur la prise en charge ou le rythme des partages peuvent fragiliser le collectif.

Les associations de protection animale insistent : le pet sharing ne doit jamais servir à "se décharger" de l’animal. Il doit avant tout favoriser son bien-être, tout en responsabilisant le réseau de gardiens.


Encadrement légal et bonnes pratiques


En France, la loi ne prévoit pas encore de statut dédié au pet sharing. L’animal est légalement attribué à un propriétaire principal, responsable civil et pénalement en cas d’accident. Rédiger une convention de partage, préciser le nom du vétérinaire référent, et souscrire à une assurance adaptée sont des étapes recommandées pour éviter toute ambiguïté.


  • Consultez un vétérinaire lors de la mise en place du partage : une adaptation progressive, une double identification (puce, carnet) et le suivi régulier du carnet de santé garantissent la sécurité de l’animal.
  • Prendre le temps de la rencontre : familiarisez l’animal à chaque nouvel environnement de manière progressive (quelques heures, puis une journée, puis plusieurs nuits).

Des modèles de contrats et des recommandations sont disponibles dans la rubrique Guides pratiques de toutpourlesanimaux.fr.


Le pet sharing en chiffres (2024)


  • Près de 150 000 animaux "partagés" selon les plateformes françaises en 2023 (chiens majoritaires à 85 %).
  • 60 % des utilisateurs affirment que l’expérience a renforcé leur désir d’adopter à moyen terme.
  • 94 % recommandent l’encadrement par une charte ou une convention écrite dès la première mise en commun.

Des chiffres en constant développement, portés par la vague de l’économie collaborative et la recherche de bien-être animal partagé.


Checklist : réussir son expérience de pet sharing


  1. Choisir des partenaires partageant vos valeurs et votre vision de l’éducation animale.
  2. Placer l’intérêt, la sécurité et la santé de l’animal au centre du processus (calendriers clairs, carnet de santé partagé, routine stable…).
  3. Maintenir une communication transparente et un suivi régulier.
  4. Adapter le modèle au tempérament et aux besoins réels de l’animal.
  5. Prioriser l’échange d’expériences au sein de la communauté (forums, réseaux locaux toutpourlesanimaux.fr).

Conclusion : vers une nouvelle relation humain-animal ?


Le pet sharing s’impose comme un modèle souple, adapté à la vie moderne, entre bénéfices pour l’humain (présence apaisante, réduction de la solitude, entraide) et bien-être animal (stimulation, sécurité, sociabilité). Réussie, l’expérience bénéficie aux deux parties et révolutionne la notion de "possession" animale. Comme pour tout engagement collaboratif, dialogue, respect et anticipation des aléas sont les clés d’une aventure harmonieuse.


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