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Microchip obligatoire : quelles implications pour chiens, chats et NAC ?

Par Maxime
6 minutes

Comprendre la généralisation de la puce électronique chez les animaux de compagnie


L’identification par puce électronique tend à devenir la norme pour tous les animaux de compagnie en France : chiens, chats, mais aussi NAC (nouveaux animaux de compagnie). Si la législation exige déjà la pose d’une puce (ou tatouage) pour la plupart des chiens et des chats, la généralisation et le renforcement du contrôle en 2024 changent la donne pour des millions de propriétaires. Quels objectifs poursuivent les pouvoirs publics ? Quelles implications concrètes au quotidien ? Décryptage complet pour démêler contraintes, avantages et points de vigilance.


Pourquoi rendre la microchip obligatoire ? Les enjeux derrière la mesure


Imposer l’identification électronique à tous les animaux de compagnie n’est pas qu’une formalité : il s’agit d’un axe majeur de politique publique animale. Les enjeux sont multiples :


  • Limiter l’abandon : la traçabilité responsabilise le propriétaire, chaque animal pucé étant rattaché à une identité claire. Cela vise à rendre l’abandon plus facilement répréhensible.
  • Faciliter le retour en cas de perte : avec la puce, tout animal trouvé et scanné peut être rapidement restitué à son maître, même s’il a égaré son collier ou médaille.
  • Lutter contre le trafic : la traçabilité sanitaire et l’origine sont mieux vérifiées lors de la vente ou de l’adoption.
  • Permettre un meilleur suivi sanitaire : la vaccination, la stérilisation, et d’autres actes vétérinaires sont plus facilement archivés et transférés lors d’un changement de propriétaire.

L’identification « microchip » constitue donc une pierre angulaire des politiques de prévention contre l’abandon (notamment en période estivale), améliore la lutte anti-vol et sécurise les adoptions inter-associations, refuges ou particuliers.


Que dit la loi actuellement ? Qu’est-ce qui change ?


Depuis plusieurs années déjà :


  • Les chiens âgés de plus de 4 mois doivent obligatoirement être identifiés.
  • Les chats de plus de 7 mois sont concernés depuis 2012.
  • Certains NAC considérés comme "espèces non domestiques" (perruches, certains lapins, furets…) doivent aussi être identifiés depuis leur achat ou importation.

La nouveauté 2024-2025, en discussion et en phase d’expérimentation dans plusieurs départements, concerne :


  • L’abaissement de l’âge d’identification (dès 2 mois pour certains animaux adoptés : chatons et chiots issus d’élevages ou refuges).
  • L’obligation étendue aux principales espèces de NAC (lapins nains, furets, cochons d’Inde dans certaines communes, perruches, serpents, etc.).
  • Renforcement des contrôles lors de la vente entre particuliers (petites annonces, animaleries, associations).

L’absence de puce ou d’identification conforme pourra désormais entraîner de lourdes amendes, voire la saisie de l’animal en cas de récidive. Les sanctions visent aussi bien l’ancien que le nouveau propriétaire lors de la cession d’un animal non identifié, pour responsabiliser toute la filière.


Comment fonctionne l’identification électronique ? Technique, coût, procédure


La microchip (puce électronique) est un petit dispositif (environ la taille d’un grain de riz) implanté, sous anesthésie locale, sous la peau de l’animal (généralement à la base du cou). Cette opération est rapide (quelques minutes) et indolore. À retenir :


  • Le numéro unique inscrit sur la puce est enregistré dans une base nationale (I-CAD : Identification des Carnivores Domestiques).
  • Le coût varie selon le vétérinaire, entre 45 et 70 euros en moyenne, comprenant l’injection, l’enregistrement et parfois la remise du passeport européen.
  • La mise à jour des coordonnées reste à la charge du propriétaire en cas de déménagement ou de changement de téléphone : une étape souvent négligée mais essentielle pour rendre l’identification efficace.
  • La puce est inaltérable et fonctionne toute la vie de l’animal : aucun entretien, pas de remplacement requis.

À noter : certains refuges et élevages proposent la pose de la puce incluse dans les frais d’adoption. Informez-vous au moment de l’achat ou de l’adoption, notamment si l’animal est très jeune.


Implications au quotidien : changements pour les foyers, éleveurs et associations


Avec la généralisation annoncée, chaque adoption, achat ou cession d’animal (y compris entre particuliers) impliquera :


  • Vérification préalable de l’identification de l’animal : impossible de "régulariser après coup", la puce doit être déjà posée, et l’acte enregistré.
  • Remise obligatoire du certificat d’identification au nouvel acquéreur (avec mise à jour immédiate du fichier national I-CAD). Cette étape devra être formalisée, sous peine de nullité de la vente ou de l’adoption.
  • Démarches simplifiées en ligne via I-CAD pour mettre à jour en temps réel l’identité du responsable légal.
  • Sensibilisation accrue des propriétaires par les associations, vétérinaires et refuges sur la nécessité de signaler les changements de coordonnées pour garantir l’efficacité du dispositif.

Pour les NAC, de nouvelles contraintes émergent : les éleveurs et animaleries disposent parfois de moyens limités pour poser des puces sur des espèces de petite taille (furets juvéniles, lapins nains, oiseaux), d’où la mise en place de protocoles adaptés selon l’espèce et le poids.


Exemple : la cession d’un furet en 2024


Pauline adopte un furet auprès d’un particulier. Le vendeur doit fournir un certificat d’identification attestant la pose d’une puce conforme et l’enregistrement à l’I-CAD. Pauline doit, dans un délai de 8 jours, formaliser le transfert sur le site officiel. En l’absence de cette démarche : amende et risque, en cas de perte ou de contrôle, de ne jamais récupérer son animal.


Quels avantages pour l’animal et son maître ?


  • Meilleure protection en cas de fugue, perte ou vol : le taux de restitution grimpe à plus de 80 % avec puce, contre moins de 20 % sans identification.
  • Ouverture des portes à l’international : la microchip est obligatoire pour voyager (passeport européen, voyages en train ou avion avec animal domestique).
  • Plus grande traçabilité lors de soins vétérinaires d’urgence, stérilisation, ou déclaration d’un décès.
  • Responsabilisation du maître : la peur de la sanction en cas d’abandon incite à privilégier la réorganisation ou la réadoption légale, limitant les abandons sauvages.

Le dispositif profite aussi aux associations et refuges : en cas d’abandon, l’identification permet de remonter le circuit, de rappeler le propriétaire à ses devoirs, ou de suivre l’historique des adoptions successives.


Points de vigilance et questions fréquentes


  • Puce non lisible : Rares, mais vérifiez régulièrement chez le vétérinaire que la puce fonctionne et correspond bien à votre animal.
  • Inquiétude sur la santé : Les complications (infections, déplacement de la puce) sont exceptionnelles et la technologie a fait de grands progrès ; discutez-en avec votre vétérinaire.
  • Espèces NAC spécifiques : Pour les très petits animaux (serpents juvéniles, oiseaux), la lecture et l’implantation peuvent parfois impliquer des risques ; renseignez-vous sur les alternatives acceptées (bagues, tatouages provisoires).
  • Refus de certains propriétaires ou vendeurs : Méfiez-vous des achats entre particuliers sans certificat ou animal non pucé : l’amende peut atteindre 750 €, et la responsabilité pèse sur tous les maillons de la chaîne d’adoption.

Témoignages issus de la communauté toutpourlesanimaux.fr


“Mon chat a été retrouvé six mois après sa disparition grâce au scan de sa puce chez un vétérinaire. C’est une vraie assurance, j’en profite pour dire à tous de toujours mettre à jour leurs coordonnées !” – Sophie, Lyon

“J’ai adopté deux lapins nains, la puce était une nouveauté pour moi. L’association m’a accompagnée pour l’enregistrement et j’ai pu voyager sereinement pendant les vacances.” – Méline, Nantes

“En tant qu’éleveur amateur de furets, la nouvelle obligation complique un peu la gestion, mais c’est un vrai plus pour éviter le trafic et garantir que mes animaux ne finiront pas abandonnés dans la nature.” – Michel, Gironde

Guide pratique : bien identifier et protéger son animal


  1. Anticipez : dès l’adoption ou la naissance, prenez rendez-vous pour la pose de la puce (même pour un animal de petite taille ou en dehors du circuit associatif).
  2. Vérifiez l’enregistrement en ligne sur le site I-CAD (possibilité de rectifier d’éventuelles erreurs de saisie du vétérinaire ou du refuge).
  3. Mettez à jour vos coordonnées à chaque déménagement ou changement de numéro – la perte d’un animal bien pucé, mais mal renseigné, reste un vrai casse-tête pour le retrouver.
  4. Conservez le certificat d’identification dans vos documents importants pour tout contrôle, voyage ou cession à venir.
  5. Ne cédez jamais un animal sans identification officielle – l’acte serait non seulement illégal, mais prive votre compagnon de toute protection s’il venait à se perdre.

Bilan : la “microchip”, nouvelle carte d’identité animale… et levier pour la protection


Si l’identification électronique peut paraître contraignante, elle est avant tout synonyme de sécurité, de responsabilité et de modernité dans la gestion animale. La généralisation de la puce en France ambitionne de limiter drastiquement l’abandon, d’améliorer la lutte contre la maltraitance et d’offrir à chaque propriétaire la garantie de retrouver son compagnon en cas de perte.

Plus qu’une puce, c’est aujourd’hui un véritable “passeport pour la vie” qui s’impose. Pour aller plus loin, consultez nos dossiers “Adoption responsable”, “Guide des démarches administratives”, et partagez vos retours d’expérience dans la rubrique Communauté sur toutpourlesanimaux.fr.

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