Plongée dans l’univers d’une famille passionnée de nouveaux animaux de compagnie
Les NAC, ou nouveaux animaux de compagnie, ont le vent en poupe en France depuis quelques années. Furets, rats, serpents, oiseaux exotiques, hérissons ou encore reptiles, ces compagnons hors des sentiers battus séduisent par leur originalité et leur caractère << atypique >>. Mais vivre au quotidien avec plusieurs NAC, c’est s’embarquer dans une aventure unique, qui chamboule le quotidien et pose de nouveaux défis. Pour toutpourlesanimaux.fr, nous avons passé une après-midi avec la famille Carrelier, bien connue de la communauté des adoptants de NAC, pour recueillir sans filtre leur retour d’expérience. Immersion dans le quotidien d’une tribu pas comme les autres.
Pourquoi avoir choisi des NAC ? Une histoire de rencontres et de curiosité
Dans le salon lumineux de la maison, l’ambiance est chaleureuse et pleine de vie : le chant aigu d’une perruche, les jeux d’un couple de rats, une tortue qui observe attentivement depuis sa zone chauffée. Valérie, infirmière, et Julien, cadre IT, élèvent trois enfants – et une ribambelle d’animaux inattendus.
« Tout a commencé il y a six ans, explique Valérie en caressant l’un des rats. Après le décès de notre vieux labrador, on cherchait une nouvelle présence animale à la maison… mais différente. À la SPA, nos enfants ont découvert les furets en famille d’accueil. Ça a été un coup de cœur ! Et, de fil en aiguille, nous avons accueilli d’autres espèces que l’on ne connaissait pas du tout. »
Si ce premier pas a été dicté par la curiosité et le désir d’offrir une seconde chance à des animaux souvent peu adoptés, la passion et la solidarité familiale ont fait le reste. Chaque nouveau compagnon a été l’opportunité d’en apprendre plus, de transformer la maison et le rythme de vie.
Changer d’habitudes : entre routines sur-mesure et formation autodidacte
Alors, vivre avec des NAC, qu’est-ce que cela implique vraiment ?
- Un quotidien structuré autour des besoins spécifiques de chaque espèce : rien n’est laissé au hasard. Heures de nourrissage adaptées, gestion des lumières et des températures, sorties sécurisées dans la maison, enrichissement de l’environnement….
- Un apprentissage continu : Julien détaille : « Au début, on pensait que tous les rongeurs se ressemblaient ; grossière erreur. La documentation, les forums spécialisés, les groupes Facebook nous ont beaucoup aidés à éviter les pièges. Les enfants sont incollables sur la diète des octodons ou la sécurité d’un terrarium pour gecko. »
- La répartition des tâches dans la famille : chaque membre a << sa spécialité >>. L’ainée gère l’enclos des cochons d’Inde, le cadet s’occupe des jeux et du dressage des furets, le petit dernier nourrit les perruches (sous supervision !). « Chacun sait ce qu’il peut ou ne peut pas faire avec tel animal, c’est super responsabilisant. »
Le secret d’un équilibre : la communication et le respect du rythme de chacun, humains comme animaux.
Les obstacles du quotidien : organisation, santé et budget
Adopter des NAC ne va pas sans difficultés, et la famille Carrelier ne le cache pas.
- L’organisation : il faut tout anticiper, des vacances (trouver un petsitter spécialisé !) à la gestion de l’enclos ou du nettoyage.
- La santé : « On a beaucoup appris sur le tas, confie Valérie. Tous les vétérinaires ne sont pas formés aux NAC, il faut parfois chercher loin un spécialiste, ou passer par des téléconsultations. Et les situations graves nécessitent réactivité et sang-froid. »
- Le budget : entre équipements adaptés (bacs XXL, lampes chauffantes, cages certifiées, accessoires d’enrichissement), alimentation spécifique et frais vétérinaires parfois coûteux, le choix des NAC représente un investissement à planifier sur le long terme.
Mais dans ce contexte, la débrouillardise règne : achats en occasion, troc d’accessoires entre adoptants, DIY et stratégies anti-gaspillage sont devenus la norme.
Un impact positif sur la famille et le regard des proches
Élever des NAC, ce n’est pas qu’une histoire d’animaux : « Ça a soudé la famille d’une autre façon », reconnaît Julien. Les enfants participent aux décisions, s’investissent et apprennent une vraie rigueur : « Ce sont des animaux plus fragiles, on ne peut pas improviser. Forcément, ça forme à la patience et à l’attention aux signes de mal-être. »
Et dans l’entourage ? « Au début, nos amis étaient surtout très intrigués voire inquiets ! Une perruche en liberté dans le salon, des rats qui font la sieste avec nous sur le canapé, ça surprend. Mais, avec le temps, beaucoup ont changé d’avis et posent des questions. »
« Au fil des visites, on entend moins les clichés (« Un rat, c’est sale », « Le furet, ça mord », etc.). Certains amis ont d’ailleurs adopté à leur tour des cochons d’Inde ou un axolotl. En expliquant, en montrant le respect des besoins, on casse les a priori. »
Des solutions concrètes aux imprévus : partager pour avancer
Face aux galères (maladie, fugue, casse d’équipement…), la force du collectif est déterminante. La famille Carrelier est très active sur les forums d’adoptants, et partage ses bonnes pratiques :
- Un réseau d’entraide autour de la garde et des urgences vétérinaires.
- Un échange constant d’astuces pour enrichir l’environnement (cachettes maison, jeux faits main, recettes alimentaires variées).
- Des conseils pratiques pour gérer la cohabitation : « Pas question de mélanger certains rongeurs ou de mettre un oiseau curieux avec un furet explorateur! Tout est géré et sécurisé. »
Ce partage d’expériences limite considérablement les erreurs et rend plus serein au quotidien.
Quelques conseils pour futurs adoptants de NAC
- Se renseigner avant d’adopter : connaître les besoins (alimentation, environnement, santé, stimulation) et vérifier que l’ensemble du foyer adhère au projet.
- Prévoir un budget adapté et un réseau vétérinaire : mieux vaut anticiper les frais (alimentation, matériel, soins spécifiques) et localiser les spécialistes proches.
- Privilégier l’adoption responsable : mieux vaut éviter les achats impulsifs en animalerie et se tourner vers les refuges, associations et réseaux de familles d’accueil qui accompagnent aussi après l’adoption.
- Favoriser l’apprentissage collectif : adultes comme enfants gagnent à s’impliquer, à s’informer, à échanger avec des connaisseurs.
- Ne jamais sous-estimer le temps à consacrer : entre soins, observation, nettoyage et interaction, l’investissement quotidien est réel, mais la satisfaction est à la hauteur.
Des moments forts : l’attachement et la singularité de chaque NAC
Derrière la logistique, ce qui marque le plus, ce sont les histoires singulières nouées avec chaque animal :
« Notre furette Mina a longtemps été peureuse, puis elle s’est attachée à notre fils. Elle le suit partout, lui apporte ses jouets, réclame des câlins… Quand elle a été malade, la mobilisation de la famille, le relais du groupe Facebook, ça nous a soudés, dit Valérie. C’est une relation différente des chiens ou chats, mais tout aussi riche. »
Rats intelligents qui apprennent des tours, perruche qui grignote le crayon du télétravail, gecko zen qui intrigue les invités… Chaque NAC offre une part de découverte et de complicité inattendue.
L’avenir : vers la démocratisation de l’adoption de NAC en France ?
La famille Carrelier observe l’essor de l’adoption des NAC avec optimisme mais prudence. Si les mentalités évoluent et que l’offre vétérinaire s’améliore, ils insistent sur l’importance des réseaux d’aides, de la formation des futurs audoptants et de la lutte contre l’achat impulsif.
Pour eux, l’aventure continue, avec peut-être bientôt l’accueil d’un reptile rescapé : « C’est une chance de vivre tout ça, conclut Valérie. Mais on le répète à toute personne tentée : chaque espèce a ses particularités, on n’est jamais trop formé. Mais quelle richesse humaine en retour ! »
En résumé : vivre avec des NAC, une expérience hors du commun… mais à préparer !
L’adoption et la cohabitation avec des NAC, c’est un travail d’équipe familial, une exigence quotidienne et la certitude de ne jamais s’ennuyer. Pour tous ceux qui rêvent de sortir des sentiers battus, le voyage commence par la connaissance, l’entraide et la passion. Et vous, êtes-vous prêt à ouvrir vos portes (et votre cœur) à la différence ?
Pour découvrir davantage de témoignages, des tutoriels d’aménagement, des comparatifs d’équipements et des dossiers vétérinaires dédiés aux NAC, rendez-vous sur notre rubrique Guides pratiques sur toutpourlesanimaux.fr ! La communauté vous attend pour échanger conseils, astuces, galères… et coups de cœur.