Rencontre avec un vétérinaire NAC : réussir l’accueil de son lapin, furet ou rongeur
Adopter un nouveau compagnon n’est pas réservé aux chiens et aux chats : les NAC – Nouveaux Animaux de Compagnie – séduisent de plus en plus de foyers français. Lapins, cochons d’Inde, furets, octodons, rats, reptiles… mais aussi oiseaux parfois exotiques multiplient les opportunités de partage. Pourtant, la vie avec un NAC recèle de nombreux défis spécifiques qu’il ne faut pas sous-estimer. Pour apporter des repères clairs au grand public, toutpourlesanimaux.fr est allé à la rencontre du Dr Laure Roussel, vétérinaire spécialisée NAC à Toulouse, afin de dresser un tour d’horizon des bonnes pratiques, des pièges à éviter et des secrets d’un lien complice avec ces animaux fascinants.
NAC : pourquoi un accompagnement vétérinaire adapté est indispensable
Dr Roussel ouvre la discussion sans détour : « Beaucoup de propriétaires découvrent après adoption que les besoins d’un lapin ou d’un furet sont aussi exigeants – voire plus – que ceux d’un chat. Leur physiologie, leur comportement, leur alimentation, tout diffère. Le problème majeur, c’est que 80% des motifs de consultation sont évitables si on informe le foyer en amont. »
L’accompagnement vétérinaire NAC ne se limite pas aux urgences : il englobe la prévention, le dépistage de maladies silencieuses (malocclusion dentaire, carences, parasitoses), la gestion des particularités comportementales et la pédagogie auprès de la famille. « Désormais, la médecine préventive est la clé d’une vie longue et équilibrée pour un NAC. »
Bien choisir son NAC : conseils en amont et attentes réalistes
- L’espèce et la race : « Renseignez-vous sur la longévité, l’espace nécessaire, le mode de vie (solitaire vs grégaire), le régime alimentaire. Un cochon d’Inde ne vit pas comme un hamster, un furet n’a rien à voir avec un lapin » rappelle Dr Roussel.
- L’origine : Privilégier les éleveurs ou refuges sérieux pour éviter maladies cachées, défauts génétiques ou mauvaise socialisation. « Oubliez les achats impulsifs en animalerie, surtout pour des espèces sensibles ».
- Le budget réel : Au coût d’achat s’ajoutent la cage adaptée (souvent volumineuse), la nourriture spécialisée, la litière, les soins vétérinaires et parfois des accessoires onéreux. « Mieux vaut anticiper et ne pas sous-estimer les frais de santé ».
Enfin, il est primordial de comprendre que les NAC vivent parfois plus de dix ans (furet, lapin, perroquet). « Ils requièrent du temps, de la présence et des soins quotidiens ».
Installation et premiers jours : sécuriser, observer, rassurer
L’arrivée à la maison est cruciale :
« Prévoyez une période de calme, sans manipulations excessives. Évitez immédiatement les enfants excités ou l’introduction d’autres animaux. Laissez l’animal explorer à son rythme sa cage, avec cachettes et zones de repli », conseille la vétérinaire.
- Température et hygrométrie : Les NAC sont généralement sensibles aux courants d’air, à l’humidité et à la chaleur. Vérifiez la compatibilité de la pièce où sera installée la cage.
- Matériel essentiel : Abri fermé, biberon d’eau propre, râtelier à foin (pour les herbivores), litière choisie selon l'espèce (jamais de copeaux résineux chez les rongeurs !), jouets adaptés pour l’enrichissement.
- Alimentation dès le départ : Maintenez la diète initiale de l'animal puis effectuez les transitions alimentaires progressivement, sous supervision vétérinaire au moindre doute.
Apprenez à observer : un animal qui se cache, mange moins ou reste immobile plusieurs heures doit alerter rapidement.
L'alimentation, premier pilier de la santé NAC
« La moitié des consultations NAC sont liées à des erreurs alimentaires », affirme Dr Roussel. Elle distingue :
- Les herbivores (lapins, cochons d’Inde) : Foin à volonté de très haute qualité, végétaux frais variés, granulés spécifiques mais en quantité limitée. Le foin prévient les problèmes dentaires et digestifs.
- Les carnivores (furet) : Besoin absolu de protéines animales de qualité, quasiment pas de glucides, et pas de restes de table. La nourriture industrielle pour chat ne convient pas à long terme.
- Les omnivores (rat, souris, hamster) : Mélanges maison rationnés, fruits et légumes frais, rares friandises adaptées, supplémentation si nécessaire.
Pas d’improvisation : chaque espèce a ses besoins et interdits (carence en vitamine C chez le cochon d’Inde, chocolat toxique, risque d’obésité rapide…).
Manipulation et socialisation : patience et méthode
Contrairement aux idées reçues, tous les NAC n'apprécient pas d’être portés ou caressés.