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Interview d’une gestionnaire de chatterie : organisation et bien-être des pensionnaires

Par Maxime
6 minutes

Le quotidien d'une gestionnaire de chatterie : immersion dans une organisation au service du bien-être félin


Oubliez l'image familière du simple "hôtel pour chats" : bien gérer une chatterie professionnelle, c'est bien plus qu'offrir un abri temporaire aux félins de passage. C'est un métier à la croisée de la gestion, de la santé animale et de la psychologie féline, où chaque détail compte pour garantir sécurité et sérénité. Pour mieux comprendre l'envers du décor, nous avons rencontré Virginie Flamand, gestionnaire et fondatrice de la chatterie "Félinissime" en périphérie de Lyon, qui nous livre son expérience, ses choix organisationnels et ses bonnes pratiques pour le bonheur des pensionnaires… et l’esprit tranquille de leurs maîtres !


Un métier pluriel, une vocation tournée vers l’animal


"On pense souvent qu’il suffit d’aimer les chats pour gérer une chatterie. Or le quotidien, c’est une succession de décisions, d’anticipations et d’attentions personnalisées. Pour moi, c’est un vrai métier d’accueil et de bien-être animal", explique Virginie. Après dix ans en clinique vétérinaire et une certification en comportement félin, elle a conçu son établissement autour de trois piliers : sécurité, sérénité, santé.


La chatterie, agréée et soumise à des contrôles annuels, accueille en moyenne une dizaine de chats, que ce soit pour des séjours courts (vacances) ou longs (hospitalisation de propriétaires, déménagements).


Les coulisses de l’organisation : rigueur et adaptation permanente


"Aucun chat n’est vraiment semblable à un autre !, sourit Virginie. Je structure donc les journées mais je reste flexible pour coller au caractère de chacun." La gestion repose sur plusieurs routines clés :


  • Tour d’observation du matin : repérage des signes de stress, d’appétit ou de possibles soucis de santé.
  • Nettoyage méthodique : chaque chambre ou box est nettoyé avec un protocole précis (désinfection respectueuse des muqueuses félines, renouvellement total de la litière, remplacement des gamelles et des plaids).
  • Distribution des repas individualisés : le régime alimentaire de chaque pensionnaire est respecté à la lettre, avec composition, grammage et horaires adaptés.
  • Temps de jeux, socialisation douce ou isolement calme : "je prends en compte les affinités ou incompatibilités : certains chats adorent jouer ensemble le matin, d’autres préfèrent l’intimité toute la journée."
  • Tour du soir : contrôle du bien-être de chaque chat, administrations éventuelles de soins, câlins ou jeux si désirés.

L’astuce de Virginie ? Tenir un carnet quotidien par pensionnaire : "Cela me permet d’alerter vite en cas de changement, ou simplement de rassurer les proprios, qui reçoivent des nouvelles et photos sur WhatsApp chaque 48h."


Zoom sur les installations : sécurité, hygiène et stimulation


"La sécurité, c’est la première attente des propriétaires et la première source de sérénité du chat !" souligne notre gestionnaire. La chatterie Félinissime est équipée :


  • De chambres individuelles ou doubles pour les chats issus du même foyer, bien isolées phoniquement.
  • D’un sas d’entrée sécurisé (double porte), pour éviter toute fugue entre les allées et venues.
  • D’un système de climatisation réversible, de purificateurs d’air et de grandes baies vitrées, pour assurer confort thermique et lumière naturelle.
  • D’une aire de jeux commune, réservée aux pensionnaires en bonne entente, et de modules d’escalade fixés au mur pour les plus sportifs !
  • D’un mobilier lavable et des cachettes (cartons, tunnels, paniers capitonnés), "parce qu’un chat stressé se sent mieux s’il peut s’isoler, observe Virginie."

Chaque espace est désinfecté scrupuleusement entre deux séjours, et le nettoyage se fait sans javel, "toxique pour la sphère respiratoire du chat".


Gestion du stress et personnalisation : la clé d’un saut en douceur hors du foyer


"Le chat déteste le changement ! Il peut cesser de s’alimenter, se cacher, uriner hors litière… À moi de détecter les signaux faibles, et d’offrir une transition en douceur."


  • Arrivée : Virginie laisse chaque chat explorer sa chambre fermé au calme, puis vient s’asseoir en silence, sans le solliciter. "C’est le chat qui décide quand entrer en contact. Certains viennent immédiatement, d’autres mettent deux jours."
  • Objets personnels : "J’encourage les propriétaires à laisser un plaid ou un jouet familier, pour créer un pont olfactif rassurant."
  • Enrichissement : chaque jour, jeux interactifs, arbre à chat, fenêtres sur jardin, diffusion de musique douce… et même, pour les anxieux persistants, diffuseurs de phéromones ou fleurs de Bach sur avis vétérinaire.

Santé : protocole strict et alerte immédiate


"Aucun chat n’est admis sans vaccination à jour, identification et carnet de santé", rappelle Virginie, qui a établi des partenariats avec plusieurs vétérinaires locaux. En cas de fugue, de blessure ou de suspicion de maladie, elle contacte immédiatement le propriétaire ET le professionnel de santé référent. "Des photos et des vidéos quotidiennes permettent un suivi à distance, et d’éviter des angoisses inutiles. Pour les traitements, je suis rigoureuse : fiches posologies, annuaire vétérinaire affiché."


Astuce bonus : le "kit urgence vomito", toujours prêt, composé de gants à usage unique, protections pour les sols, et désinfectant dermatologiquement neutre.


Les défis de la cohabitation : adapter, observer, séparer si besoin


"La plupart des chats, surtout les mâles non castrés ou les anciens solitaires stricts, ne souhaitent pas partager ni aire de repos, ni gamelle. Je compose donc selon les caractères," détaille Virginie. Les groupes sont façonnés petit à petit, en observant tolérance ou signes de stress : "Un feulement répété, un chat perché toute la journée, c’est stop : retour en chambre individuelle !"


L'observation constante est le nerf de la guerre, assure-t-elle. "On doit être réactif, ne pas imposer le modèle collectif à tout prix."


Gestion administrative, communication et… formation continue


Une bonne gestion de chatterie, c’est aussi une organisation sans faille : réservations, contrats, vérification des documents sanitaires, gestion des stocks (alimentation, litière, médicaments), facturation… "J’utilise un logiciel dédié et centralise tout dans des dossiers partagés." Côté communication, Virginie mise sur la transparence : "Je photographie chaque arrivée-départ, je fais des mini-vidéos, je réponds rapidement aux questions."


De plus, "je me forme chaque année : santé féline, premiers secours, mais aussi gestion du stress humain dans la relation client !" Un atout bienvenu pour rassurer les propriétaires anxieux à l’idée de laisser leur compagnon félin.


Paroles de clients et expériences marquantes


« Après une mauvaise expérience ailleurs, j’ai laissé Nala quinze jours chez Virginie. Elle a reçu des vidéos tous les deux jours, ce qui m’a beaucoup rassurée. Nala, qui ne supporte pas d’habitude les étrangers, a retrouvé le plaisir de manger dès le deuxième jour. » — Claire, Villeurbanne.

« Grosse opération vétérinaire, antibiotiques, peur qu’Isis ne soit pas suivie… Mais la gestion fut ultra pro, administration du traitement impeccable et suivi vétérinaire en direct. À refaire sans crainte ! » — Hakim, Givors.

« Mon vieux matou a eu accès à une chambre avec baie vitrée, chaleur et silence. Son caractère a été parfaitement respecté. C’est la première fois qu’il revient sans m’en vouloir ! » — Léa, Meyzieu.

Conseils pratiques pour choisir la bonne chatterie et préparer le séjour


  • Visiter sur rendez-vous : Rencontrez le/la gestionnaire, observez la propreté, l’accessibilité, l’ambiance générale.
  • Demander les certificats : Habilitations sanitaires, assurance professionnelle, carnet d’intervention vétérinaire.
  • Préparer une fiche complète : Caractère, habitudes, santé, alimentation, préférences de jeux, craintes spécifiques.
  • Apporter objets familiers : Coussin, doudou, jouet ou même une housse avec l’odeur de la maison.
  • Anticiper la réservation : Surtout été et vacances scolaires ! Certaines chatteries affichent complet très tôt.

En synthèse : globaliser bienveillance, vigilance et adaptation


Pour Virginie Flamand, la gestion d’une chatterie, c’est "faire de l’individuel dans le collectif". Adapter l’environnement, observer sans relâche, dialoguer et rassurer, voilà le secret. La personnalisation maximale — du jeu à la nutrition, de la communication au suivi vétérinaire — fait la différence tant pour le chat que pour son maître. Dernier mot d’ordre : "Ne jamais banaliser un changement, d’humeur ou d’appétit… et toujours préférer demander conseil au vétérinaire plutôt que d’attendre !"


Pour aller plus loin, découvrez notre dossier spécial "Bien préparer son chat à la garde", des tutoriels sur la gestion du stress félin et le comparatif des structures en France, dans la rubrique Guides pratiques toutpourlesanimaux.fr. Partagez aussi vos expériences en Communauté et aidez d’autres propriétaires à choisir en confiance !


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